• ONE - Guichet unique pour la délivrance de permis environnemental

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La biodiversité, le littoral, l’océan, les services rendus par les écosystèmes, la santé et même le patrimoine culturel sont concernés par les impacts du changement climatique.

Personne ne peut se considérer comme préservé ! A Madagascar, ces impacts climatiques se traduisent dans la région Nord du pays par une perturbation au niveau des pluviométries (une saison pluvieuse raccourcie mais intensifiée). Tandis que dans la Région Menabe, les précipitations ont gagné en intensité et ces pluies intenses sont devenues plus fréquentes. Pour la Région Atsimo Andrefana, les températures minimales journalières augmentent, les précipitations tombent pendant des périodes de plus en plus courtes et les vents amenés par les cyclones tropicaux sont devenus plus violents ces 20 dernières années.

Diverses études ont montré que la fréquence de ces phénomènes extrêmes engendre des impacts socio-économiques. Etant donné que la majorité des Malagasy vivent de l’agriculture, principal secteur touché par le climat, les risques liés à l’insécurité alimentaire sont de plus en plus avérés: baisse des récoltes (ensablement des rizières, érosion et appauvrissement des sols, espèces envahissantes et nuisibles, …) Cette perturbation du calendrier cultural est constatée dans presque toute la partie de l’île. La  pression démographique sur le milieu naturel fait que celui-ci n’arrive plus à offrir ses services Eco systémiques pour les populations tributaires des forêts (source d’énergie, pharmacopée traditionnelle, …).

Afin d’atténuer les conséquences les plus extrêmes du changement climatique, les Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) ont décidé de s’engager à limiter la hausse globale des températures à moins de 2°C. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’accord international signé par les 196 parties participantes à la COP21 propose que soit atteint "l'équilibre entre les émissions anthropiques et les capacités d'absorption naturelles de la planète, donnant ainsi un rôle aux puits de carbone que sont les forêts". Des initiatives comme le mécanisme de Réduction des Émissions dues de la Déforestation et de la Dégradation ou REDD+ ont été adoptées à cet effet. L’idée est de réduire les émissions de C02 en évitant ou en minimisant la destruction et/ou la dégradation des forêts, tout en assurant des revenus importants pour récompenser les forêts non coupées.

Le Mécanisme REDD+ est une opportunité qui offre aux populations marginalisées, tributaires des forêts de s’exprimer dans les sphères décisionnelles pertinentes ; il apporte un appui à la détermination de la valeur des forêts et des services écologiques rendus par ces dernières et permet à tout un éventail de parties prenantes d’acquérir de l’expérience au sein d’une structure innovante qui rend désormais possible une meilleure articulation des conditions de durabilité et des modalités d’atteinte des Objectifs du Développement Durable ou ODD fixés par les Nations Unies. Voué à une durabilité et à une appropriation à l’échelle locale et nationale, REDD+ fonde son mécanisme de compensation sur la reconnaissance des résultats escomptés en échange de réductions mesurées, notifiées et vérifiées des émissions. Des consultations auprès des différentes parties prenantes s’avèrent incontournables. L’EESS ou Evaluation Environnementale et Sociale stratégique en est une étape importante.

L’EESS est une démarche qui vise à :

(i) Intégrer les questions environnementales et sociales dans la mise en œuvre de la stratégie REDD+;

(ii) Favoriser  une bonne gouvernance en encourageant la participation des parties prenantes dans la prise de décision;

(ii) Mettre l’accent sur les sauvegardes (ou garanties) afin d’éviter ou d’atténuer les risques et d’«éviter de nuire» aux pauvres et à l’environnement.

Elle permet d'assurer la prise en considération des préoccupations environnementales et sociales durant le développement et la mise en œuvre du Programme REDD+. Elle interviendrait également dans la formulation et la mise en œuvre des orientations stratégiques de REDD+.

L’enjeu est important pour Madagascar, et engager dès maintenant des démarches proactives en vue de l’élaboration des orientations stratégiques concertées accroitrait surement des bénéfices et impacts positifs réels pour nos populations locales. D’ailleurs, l’idée est que les populations les plus vulnérables soient au centre des préoccupations de la démarche REDD+.


Un cadre de gestion environnementale et sociale (CGES) sera également élaboré pour optimiser les bénéfices sur le plan social et atténuer les impacts résiduels négatifs des projets et activités de mise en œuvre des orientations stratégiques REDD+ à Madagascar.

L’Office National pour l’Environnement (ONE) en sa qualité de «guichet unique» pour l’évaluation environnementale à Madagascar (MECIE) a été mandaté pour effectuer cette Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique (EESS ou SESA par son sigle en anglais) du Programme REDD+ de Madagascar. Ainsi, pour pouvoir mener à bien cette EESS, l’ONE a organisé les 22 et 23 septembre 2016, un atelier de lancement avec les parties prenantes dans le processus REDD+.

Le but est d’examiner ensemble le plan de travail et les plans de consultation à réaliser, et de recueillir déjà les préoccupations environnementales et sociales liées à la REDD+.

Premier étape dans l’élaboration de l’EESS de REDD+, cet atelier national à processus participatif et inclusif, a été une occasion pour déterminer des enjeux environnementaux et sociaux à prendre en compte dans l’évaluation environnementale stratégique de ce mécanisme. Les participants ont été composés des membres de la plateforme REDD+, des organisations et institutions au niveau du pays, y compris les représentants des communautés de base qui sont les mieux placées pour considérer les intérêts nationaux et discerner les aspects stratégiques alliant développement et conservation des forêts et des représentants des régions dont le choix  a été dicté par le fait que ces régions sont à forts conflits dans l’utilisation des terres sont fréquents.

A l’issu de cet atelier national de lancement, les avis et suggestions sur les questions environnementales liées à la mise en œuvre de la REDD+ ont été également recueillis.  L’appropriation du mécanisme d’élaboration des orientations stratégiques nationales du programme REDD+, ainsi que la finalisation concertée du plan de consultation pour les travaux d’EESS ont été les résultats.

La prochaine perspective à court terme est la consultation des parties prenantes, au niveau des régions et des districts, qui est organisée suite à la finalisation du plan d’enquête et de consultation locale  pour les travaux d’EESS discutée durant l’atelier national.

Concrètement, les démarches de l’ONE en partenariat avec le Bureau National de Coordination REDD+ font partie d’un processus qui tend vers l’élaboration de la Stratégie Nationale REDD+ propre et répondant aux spécificités et intérêts de Madagascar.

Maintenant, le défi de la réussite de REDD + incombe à tout un chacun de prendre ses responsabilités en vue de son succès pour le développement durable de Madagascar.

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