Quantification sommaire du stock de carbone du pays Imprimer
Écrit par Administrator   
Mardi, 20 Décembre 2011 14:45
AddThis Social Bookmark Button

Quantification sommaire du stock de carbone du pays

Situation actuelle

Madagascar possède une grande variété de formations forestières, dont les 6 plus importantes sont : les forêts humides, les forêts sèches, les forêts épineuses du sud, les forêts de Tapia, les mangroves, et les forêts artificielles (pins, eucalyptus, légumineuses, etc.) Pour chacun de ces types de forêts, des successions végétales entreront dans la comptabilité carbone du pays, notamment les «savoka» (englobant les forêts climax ayant subi une dégradation et les forêts dégradées retournant progressivement au climax), donnant des strates différents.
Cette quantification sommaire du stock de carbone valorisera tous les traitements d’images satellitaires faits par l’ONE auparavant durant les périodes 1990, 2000 et 2005 et/ou utilisant les données issues de l’IEFN. Cette activité rentre dans le renforcement des capacités de l’ONE suivant les principes : procéder par étapes et learning by doing.

 

Objectifs

Etablir une carte sommaire de densité Carbone du pays aux fins d’apprentissage et d’anticipation de la mise en œuvre des activités prévues dans le R-PP Et l’affiner au fur et à mesure que les capacités s’améliorent, que les données soient disponibles et que les débats au niveau international se précisent.

Méthodologies

 

  • Stratification des forets
  • Capitalisation de tous les acquis dans la gestion des informations environnementales durant le PAE, entre autres les données sur les occupations du sol, …
  • Analyse historique de la déforestation
  • Initiation à l’utilisation du programme « géostatistique »
  • Cartographie et quantification de la déforestation passée
  • Elaboration d’une carte de Carbone par strates (model d’application par projet pilote et autres littératures pour les forets sèches et mangroves)
  • Elaboration d’une carte préliminaire de stock national de carbone
  • Affinage selon la disponibilité des capacités et des données

Note sur la démarche méthodologique

1. La géostatistique

Développée en France dans les années 1960, la géostatistique a été définie initialement comme étant l'application de méthodes et de théories statistiques à la géologie minière. Au départ, ces techniques statistiques ont été développées pour décider, à partir de l'étude d'une série d'échantillons de minerai et de leur variabilité spatiale, d'exploiter ou non un gisement.  Dans son concept, cette approche est très voisine de celle utilisée en exploration de la surface forestière: juger d'une situation d'exposition à partir de la connaissance issue d'une série de traitement d’images et d’inventaire sur terrain.
Par la suite, la géostatistique a été appliquée dans différents domaines tels que : l'hydrogéologie, l'agronomie, la météorologie, l'océanographie, la sylviculture... et plus récemment dans le domaine de l'environnement.

La géostatistique est un ensemble de méthodes statistiques dédiées à l’analyse de phénomènes répartis dans le temps ou dans l’espace. Dans ce rapport, le phénomène est la répartition des différents types de forets dans l’espace (le pays) ou suivant une strate.
La géostatistique a été utilisée comme outil d’aide à la décision lors de l’analyse de données spatiales et s’est répandue ces dernières années dans le domaine de l’environnement grâce à sa capacité :

  • à affiner la cartographie d’un phénomène donné en tenant en compte de façon cohérente les variables auxiliaires ou cofacteurs qui lui sont liées,
  • de quantifier l’erreur associée à cette estimation
  • et de fournir des outils d’analyse de risque tel le dépassement des seuils, …

Ces principes sont illustrés à travers une cartographie au niveau national de la biomasse aérienne et surtout forestière.
Les données d’origine sur l’occupation de sol en général sont gérées au niveau de l’ONE suite aux traitements d’images satellitaires faits auparavant durant les périodes 1990, 2000 et 2005.

2. Etude de cas

Les objectifs de cette étude étaient d'évaluer la superficie du couvert forestier selon les types de statistique des résultats, d’appliquer empiriquement des résultats d’études faites auparavant sur l’évaluation du stock de Carbone et ou biomasse aérienne et d'exploiter les informations issues de l'analyse géostatistique pour déterminer évaluation optimale du stock national de C.
Après avoir décrit la série de données issues des traitements d’images Landsat, nous leur appliquerons successivement la procédure statistique classique puis les méthodes géostatistiques, afin d’évaluer ce stock national en C.
Pour cette étude de cas, les images traitées ainsi que la déforestation ont été celles de l’année 2005.

 


 

Cartographie du stock national de Carbone sommaire

 

Tableau 1 : Tonnages de carbone pour la biomasse aérienne dans différentes études et projets à Madagascar (en tC/ha)

Institutions Auteurs Forêt humide Forêt épineuse Forêt sèche dense Forêt de Tapia
ESSA Razakamanarivo(2005) 104,6
Ferguson (2009) 40,34
USAID Rarivoarivelomanana (2001) 162
USAID Rakotomaro (2002) 369,6
ESSA Andriamahay (1995) 239
ESSA Rarivomanana (2008) 243,2
ESSA Rakotondrasoa (2009) 309
FORECA Plugge et al (2010) 194,2
IPCC (2003) 194
IC FORECA 209 à 308 10
WCS Makira 286
CI CAZ 220
CI COFAV 260
WWF PHCF En cours En cours

 

Tableau 2 : Tonnages de carbone appliquée dans ce rapport pour la biomasse aérienne affectées aux différents types de formation

Type de formation forestière [tC]/Ha
Forêts denses humides sempervirentes de basse altitude 308,00
Forêts littorales 308,00
Forêts denses humides sempervirentes de moyenne altitude 260,00
Forêts humides sempervirentes dégradées et/ou secondaires de basse altitude 209,00
Forêts denses sèches 104,60
Fourrés xérophiles 40,34
Forêts denses sclérophylles de moyenne altitude 10,00
Forêts ripicoles 10,00
Forêts sèches (série à Dalbergia,Commiphora et Hildegardia) dégradées 10,00
Forêts sèches à Didieraceae dégradées et/ou secondaires 10,00
Fourrés xérophiles dégradées et/ou secondaires 10,00
Mangroves 1,10

 

La carte ci-dessous montre la biomasse :